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7 avril 2013

Souffrance au travail

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6 avril 2013

Suicide d'une directrice d'école à Belfort

LIEN

 

CONTENU

Société

A Belfort, une enseignante se suicide dans son école

6 avril 2013 à 18:29
La façade de l'école élémentaire René-Rücklin, où s'est suicidée la directrice, le 6 avril 2013 à Belfort
La façade de l'école élémentaire René-Rücklin, où s'est suicidée la directrice, le 6 avril 2013 à Belfort (Photo Sebastien Bozon. AFP)

Une directrice d’école élémentaire âgée de 54 ans s’est suicidée par pendaison samedi matin dans son école à Belfort, où son corps a été découvert par un élève, a-t-on appris auprès de l’inspection académique et de la police.

L’enseignante, directrice de l’école René-Rücklin, ne travaillait pas ce samedi matin, et l’établissement était fermé aux élèves, à l’exception d’un cours de «langue et culture d’origine», en l’occurrence d’arabe, dispensé à une vingtaine d’enfants volontaires, a expliqué à l’AFP le directeur académique Patrick Mellon, qui s’est rendu sur place.

C’est un enfant âgé de huit ans qui, en voulant se rendre aux toilettes, a découvert le corps de l’enseignante, a indiqué une source policière. La désespérée s’était pendue à une rambarde dans la cage d’escalier.

Selon la même source, la quinquagénaire n’a laissé aucune lettre qui permettrait d’expliquer son geste, d’établir un lien éventuel entre ce suicide et son travail, ni de comprendre pourquoi elle a choisi de venir à l’école - où elle n’était pas censée travailler samedi - pour mettre fin à ses jours. «Ses collègues savaient qu’elle avait des problèmes personnels», a-t-on seulement indiqué de source policière.

L’élève ayant fait la macabre découverte a été pris en charge par des médecins et une cellule d’écoute psychologique a été mise en place, selon M. Mellon.

«C’est une très grosse émotion dans le quartier», a-t-il souligné, ajoutant qu’une aide psychologique était également prévue à la reprise des cours lundi matin.

Comme toujours, le suicide sur le lieu de travail est noté comme lieu de fin de vie d'une personne ayant des "problèmes personnels" ; HONTEUX. Comme toujours, le suicide professionnel d'un enseignat est noté dans la rubrique "société" ... souligné par Mobbingdock

5 avril 2013

L'école au Danemark

LIEN ;

 

CONTENU

Le Point.fr - Publié le 05/04/2013 à 13:37

Au Danemark, un désaccord sur le temps de travail des enseignants empêche 69 000 d'entre eux d'accéder à leurs écoles. Une situation ubuesque.

875 000 élèves danois ne peuvent plus aller à l'école depuis mardi (photo d'illustration). 875

Par

Rien ne va plus au pays de l'école modèle et du droit au travail flexible. La situation à laquelle sont confrontés les écoliers, mais aussi les enseignants danois, est tout simplement ubuesque : depuis mardi, 69 000 professeurs n'ont pas le droit de faire cours, délaissant quelque 875 000 élèves devant le perron de leur école. En cause, un conflit entre les enseignants et les communes concernant la renégociation d'un difficile accord sur le temps de préparation d'un cours. Et tant que la bataille ne sera pas réglée, profs et élèves ne pourront pas accéder à leur école.

Selon l'ancienne législation, qui a expiré fin mars, les professeurs assurent au maximum 25 heures de cours hebdomadaires (16 heures en moyenne), auxquelles ils ajoutent un temps prédéfini dédié à leur préparation. Seulement, l'État et les communes voient les choses d'un oeil bien différent : ils estiment que les directeurs d'école devraient, comme tout autre chef d'entreprise, disposer plus librement de leurs professeurs, quitte à éventuellement leur demander davantage d'heures d'enseignement.

Transformer l'école ?

En l'absence de solution, tous se sont retrouvés en situation de lock-out, une grève partielle qui entraîne la fermeture de tous les établissements. Selon l'agence AP, si les deux parties n'arrivaient pas à s'entendre, le gouvernement danois pourrait intervenir pour obliger les professeurs à reprendre le chemin de l'école, et ainsi sortir de la crise.

Dans la population, les avis divergent. Certains jugent que le plus important est de sauvegarder l'essentiel : les bons côtés de l'école danoise. "Trop souvent, quand nous la critiquons, nous oublions à quel point cette institution fonctionne bien. Nous oublions que les enfants danois sont vraiment contents d'aller à l'école, contrairement aux enfants dans beaucoup d'autres pays. Nous oublions que l'école danoise crée des enfants innovateurs et forme à l'indépendance d'esprit. Et nous oublions que ce sont des professeurs motivés et engagés qui font marcher l'école", rappelle le quotidien de centre gauche Politiken cité par Courrier international.

D'autres voient dans ce conflit l'occasion de transformer l'école, arguant que 18 % des élèves quittent l'école à 16 ans sans diplôme : "Il est temps que les professeurs se réveillent et voient la misère intellectuelle qu'ils ont contribué à créer", insiste le quotidien libéral Jyllands-Posten. Les Danois vont-ils cette fois suivre le modèle français et s'attaquer à leur tour à une refondation en profondeur de l'école ? Trop drôle / souligné en rouge par Mobbingdock

31 mars 2013

Astrid Herbert Ravel / la Poste

Les méthodes de "management" de la Poste ressemblent tant à celles de l'Education Nationale ....

 

http://www.fondation-copernic.org/spip.php?article806

 

TRAVAILLER POURQUOI, POUR QUI ?

10 janvier 2013

Comment faire pour que le boulot ne devienne plus un boulet

Comment faire pour que le boulot ne devienne plus un boulet

Par , publié le 10/01/2013 à 15:29, mis à jour à 15:31

Stress, harcèlement, pression économique, précarité... L'entreprise cristallise les souffrances d'une société en crise. Et elle se montre tout sauf exemplaire, comme l'illustre un livre choc sur les DRH dont L'Express publie des extraits. Pourtant, une autre vie au travail est possible.

 

Comment faire pour que le boulot ne devienne plus un boulet

Depuis vingt ans, le rapport à l'emploi s'est dégradé en Europe. D'après un sondage, 58% des salariés ne font plus confiance à leurs dirigeants ni à leurs syndicats.

REUTERS/Suzanne Plunkett

Depuis le vendredi 14 décembre, Astrid Herbert-Ravel ne parle plus à la presse. Après avoir défrayé la chronique en assignant au pénal son employeur -La Poste- pour harcèlement, cette directrice des ressources humaines (DRH) a, semble-t-il, décidé de suivre le conseil de ses avocats: temporiser jusqu'au procès, prévu fin janvier. Et les laisser négocier, d'ici là, un accord amiable. Celui-ci permettrait à La Poste, contre réparation du préjudice, de faire taire une fois pour toutes cette employée gênante. Et à la plaignante de retrouver un peu de sérénité après dix ans de cauchemar. 

DRH du réseau grand public de La Poste en Ile-de-France, Astrid Herbert-Ravel "régnait" en 2001 sur 35 000 personnes et semblait, à 30 ans, promise à une belle carrière lorsqu'un nouveau directeur est venu la chapeauter. D'après l'intéressée -puisque La Poste refuse de communiquer sur le sujet-, son patron la prend alors en grippe. Et la casse. Il lui demande des tâches dépassant ses compétences, avant d'exiger qu'elle serve le café, l'invite à le remplacer au pied levé avant une intervention devant 200 personnes, lui fixe des objectifs inaccessibles. Jusqu'à ce 13 juin 2002, où elle demande sa mutation. 

Vous n'irez nulle part, vous m'appartenez! 

La suite, Astrid Herbert-Ravel l'a révélée lors de son dépôt de plainte, en 2011: "A ce moment-là, il me pousse contre le mur, lève la main et met son genou entre mes jambes. Il me hurle au visage: 'Vous n'aviez pas à parler de ce qui se passe entre vous et moi ici. Vous n'irez nulle part, vous m'appartenez!'" Depuis, la vie de la jeune femme s'apparente à une descente aux enfers. Traumatisée, puis désavouée par sa hiérarchie, elle n'a cessé d'enchaîner les congés maladie, les missions bidon et les humiliations. Son désarroi déteint sur sa vie de famille; elle culpabilise et devient si fragile qu'elle se taillade les veines

On achève bien aussi les DRH

Seule cette attaque en justice contre trois dirigeants de La Poste, dont le PDG, Jean-Paul Bailly -une première!-, pour harcèlement, discrimination, mise en danger, non-respect des obligations de santé et de sécurité au travail, lui a rendu espoir. Ce cas de burn-out -maladie du siècle liée à la souffrance professionnelle- serait, hélas! banal s'il ne touchait une responsable des ressources humaines... la fonction censée justement prévenir de telles dérives. 

Mais on achève bien aussi les DRH, comme le montre DRH. Le Livre noir, de Jean-François Amadieu (Seuil), dont L'Express publie d'éloquents extraits. Abîmé, usé, déréglé, ce rouage essentiel à la santé au travail est en train de se gripper. Un peu comme si le médecin, subitement, tombait malade. Plus qu'un symptôme, un symbole! 

>> A lire: Tarot, graphologie... Les méthodes douteuses des recruteurs 

Certes, le constat peut sembler sévère quand, selon un sondage CSA publié l'an dernier dans La Croix, 57 % des Français se disent heureux d'aller au travail. Une bonne nouvelle à relativiser, puisque 62% des sondés s'y rendent "d'abord pour gagner de l'argent", et seulement 37% voient dans leur emploi un moyen de s'épanouir. Les Français et le boulot, vaste sujet. "Le travail, c'est bon pour ceux qui n'ont rien à faire!" crânait l'écrivain Henri Jeanson, comme s'il résumait l'opinion nationale sur la question. 

Objectifs contradictoires, déshumanisation, infantilisation

Mais, par-delà les idées reçues, il y a les faits. Or, ceux-ci montrent que, depuis vingt ans, le rapport à l'emploi s'est dégradé en Europe. D'après l'institut de sondages Opinionway, 58% des salariés ne font plus confiance à leurs dirigeants ni à leurs syndicats, et 73% s'offusquent du salaire des grands patrons. Alors que les PME sont plébiscitées, les grandes entreprises, elles, cristallisent les souffrances d'une société en crise. 

Objectifs contradictoires, déshumanisation, infantilisation, perte de sens, stress, individualisme, obsession du chiffre, pression des actionnaires, précarité... Face aux congés maladie qui explosent -mais aussi aux suicides-, inspecteurs et médecins du travail flanchent eux aussi. 

Un jour, on m'a assise sur une chaise et on m'a demandé de produire 

Dans leur Manifeste pour sortir du mal-être au travail (Desclée de Brouwer), le sociologue Vincent de Gaulejac et le journaliste Antoine Mercier citent ce témoignage de Juliette, infirmière: "A mes débuts, je m'étonnais d'être payée pour faire ce métier que j'adorais. Et puis un jour, on m'a assise sur une chaise et on m'a demandé de produire. On m'a parlé de statistiques, de fréquentation, de visiteur unique. Aujourd'hui, je traîne mon travail comme un boulet." 

Que s'est-il passé, exactement? "La révolution managériale!" répondent les deux auteurs. Née il y a vingt ans des défis de la compétition mondiale, elle se fonde notamment sur l'idée qu'un travailleur est plus efficace s'il innove en permanence. Avec pour corollaire ces mots -flexibilité, mobilité, responsabilité, créativité, productivité- synonymes de modernité pour certains. Et d'insécurité pour beaucoup d'autres. Malheur aux vaincus! 

Ce ne sont plus les travailleurs qui sont fragiles, mais l'organisation

Ce n'est pas le travail qui tue, mais la gouvernance 

Yves Clot, psychologue et professeur au Cnam (Le Travail à coeur, la Découverte), estime qu'il faut tout repenser: "Ce n'est pas le travail qui tue, mais la gouvernance. Et si l'on se mettait à considérer que ce sont les organisations qui n'ont plus les ressources nécessaires pour répondre à l'exigence des salariés de faire un travail de qualité? Alors ce ne sont plus les travailleurs qui sont fragiles et à soigner, mais l'organisation." L'entreprise est-elle prête à s'appliquer à elle-même les conseils qu'elle prodigue à ses salariés en souffrance: s'interroger sur ses modes de fonctionnement, se réformer, évoluer? 

La plupart des spécialistes plaident en ce sens et se veulent rassurants lorsqu'ils expliquent que d'autres modes de management, plus vertueux et plus efficaces, sont possibles. L'économiste Guillaume Bigot, à la tête d'un groupement d'écoles de commerce et auteur de La Trahison des chefs (Fayard), voit le salut des entreprises dans l'art de "réapprendre le commandement". 

La journaliste Bénédicte Manier montre, elle, dans Un million de révolutions tranquilles (éd. les Liens qui libèrent), pourquoi le modèle des petites coopératives -100 millions de salariés dans le monde, soit 20% de plus que les multinationales- fonctionne mieux que les structures classiques. Mais, plus pragmatiques, les 20-30 ans de la génération Y comptent d'abord sur eux-mêmes pour réinventer le travail au quotidien, et en tirer davantage de plaisir. Comme si précarité rimait enfin avec inventivité. Au boulot aussi, un autre monde est possible. 

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4 novembre 2012

Les méfaits de l'école ...

L'école ça sert pas à grand chose ... la preuve :

lien ici : http://www.rue89.com/2012/11/01/apprendre-lire-sans-prof-les-enfants-ethiopiens-y-arrivent-236725

le contenu ;

Apprendre à lire sans prof ? Les enfants éthiopiens y arrivent

Yann Guégan | red. chef adjoint Rue89




La vidéo sur Livestream
Intervention de Nicholas Negroponte à la conférence EMTECH

A partir de 1h00mn05s, en anglais

C’est une expérience qui rappelle le scénario du film « Les dieux sont tombés sur la tête », dans lequel une bouteille de Coca, jetée d’un avion, atterrit dans un village bushmen et chamboule le quotidien de ses habitants.

Sauf qu’avec l’opération menée par One Laptop Per Child (OLPC) auprès d’enfants éthiopiens analphabètes, ce sont nos certitudes occidentales sur l’apprentissage qui pourraient bien être bousculées.

L’ONG livre depuis 2005 du matériel informatique simple et robuste dans les pays pauvres, et indique avoir déjà distribué 2,5 millions d’ordinateurs portables de type XO dans quarante pays – avec des résultats plutôt mitigés, comme l’établissait ReadWriteWeb il y a peu, considérant même cette initiative comme condamnée à terme.

Son fondateur a exposé sa démarche lors de la conférence EmTech, organisée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge fin octobre.

Nicholas Negroponte et son équipe sont partis d’un constat : parmi les 100 millions d’enfants qui n’ont accès à aucune éducation, beaucoup se trouvent dans des zones isolées, dans lesquelles aucun adulte autour d’eux ne sait lire et ne peut donc les aider. Mais peuvent-ils apprendre tout seul ?


Des enfants éthiopiens avec les tablettes distribuées par One Laptop Per Child (Matt Keller/OLPC)

Pour le savoir, l’organisation a livré des tablettes pré-équipées à une quarantaine d’enfants dans deux villages éthiopiens, Wonchi et Wolonchete, à une centaine de kilomètres d’Addis Abeda.

Alimentées grâce à un panneau solaire, elles contenaient une collection de plusieurs centaines d’applications, de jeux, de livres, de dessins animés et de films (en anglais), mais n’étaient accompagnées d’aucune instruction, ni d’aucun manuel. Des données sur leur utilisation étaient enregistrées dans une carte SIM, changée chaque semaine.

« Je pensais que les enfants commenceraient par jouer avec les cartons », raconte Negroponte. Mais les cobayes ont très vite apprivoisé leur nouvel outil :

« Après quelques minutes, ils avaient déballé et mis en route les tablettes. Après une semaine, chaque enfant utilisait en moyenne 47 applications par jour. Après deux semaines, ils utilisaient les jeux destinés à l’apprentissage des lettres pour se mesurer les uns aux autres, et le village chantait les chansons sur l’alphabet. »

« Ils ont débloqué l’accès à la caméra »

Quelques mois plus tard, les tablettes étaient toujours fréquemment utilisées, et certains enfants commençaient à écrire des mots. Ils avaient tous personnalisé leur tablette, et même fait leur débuts de pirate informatique :

« Un imbécile chez nous avait bloqué l’accès à la caméra, alors ils ont “hacké” Android [le système d’exploitation installé sur la tablette, ndlr] pour l’activer à nouveau. »

Ce qui a ravi Negroponte :

« C’est exactement ce genre de créativité, de curiosité et de goût pour l’enquête que nous considérons indispensables à l’apprentissage. »

Ces résultats impressionnants doivent être confirmés par d’autres expériences du même type, mais ils pourraient changer la façon dont One Laptop Per Child conçoit son action. L’organisation s’appuie jusqu’ici sur les écoles existantes, sans toucher les enfants totalement privés de scolarité :

« Ça pourra leur prendre six mois, dix-huit mois, deux ans, mais est-ce qu’ils vont réussir à apprendre à lire, vraiment ?

S’ils peuvent apprendre à lire tout seul, ensuite ils peuvent apprendre en lisant. Pourrait-on leur donner un outil pour ça, sans avoir à construire des écoles, embaucher des professeurs, fournir des manuels ? »

Quand l’école tue la curiosité

Mais pour Negroponte, les pays développés ont aussi des leçons à tirer de cette expérience :

« Des enfants parviennent à apprendre à lire sans aller à l’école en Ethiopie, tandis qu’à New York, d’autres n’arrivent pas à ce niveau alors qu’ils vont à l’école. Que faut-il en conclure ? »

La facilité avec laquelle les jeunes, quelle que soit leur culture d’origine, s’approprient les tablettes, encourage selon lui à repenser les méthodes d’enseignement traditionnelles :

« Les enfants peuvent beaucoup apprendre par eux-mêmes, davantage que ce que nous imaginons. Les enfants sont naturellement curieux, et cette curiosité reste intacte si on ne la décourage pas, ce qui est souvent le cas à l’école.

Avoir accès à des bibliothèques contenant des manuels ou des encyclopédies est une bonne chose. Mais c’est peut-être moins important que de concevoir un monde dans lequel les idées se forment, se révèlent et se réinventent, au sein d’un apprentissage fondé sur l’action et la découverte. »

 

L'école est une humiliation constante ....

 

 
 
Hommage aux humiliés 03/11/2012 à 10h30

Le sport à l’école, école de l’humiliation ?

Renée Greusard | Journaliste Rue89

L’EPS, l’éducation sportive et physique, est une des disciplines les plus haïes à l’école, surtout à partir du collège. Témoignages et remèdes.

Pour cet article, des torrents de témoignages me sont tombés dessus. Parfois drôles, parfois désespérants.


« L’élève humilié » (Pierre Merle/Puf)

« Saut de cheval en Terminale + gros cul = gêne. »

Ou :

« Moi, le mot “honte” s’est concentré dans l’espace piscine. »

En plus des témoignages récoltés, nous avons interviewé Fabien Ollier, professeur d’EPS à qui nous avions déjà consacré un article l’an dernier, et Pierre Merle. Sociologue de l’enseignement, il est l’auteur du livre « L’élève humilié. L’école : un espace de non-droit ? ».

Il note que « le sport n’est pas mal placé » dans les disciplines qui génèrent un sentiment d’humiliation, même si ce sont les maths qui reviennent le plus dans les témoignages « à cause du prestige de la discipline. »

1

Le corps des ados exhibé

« J’avais des gros seins pour mon âge »

 

A 35 ans, Emilie se souvient :

« J’ai carrément vécu le sport comme une humiliation au lycée. Je le ressentais comme tel parce que j’avais des gros seins pour mon âge, et des rondeurs et que ça se voyait plus en tenue de sport. »

Beaucoup parlent de leur puberté, de cette violence qu’il y a à devoir exhiber un corps qu’on ne possède pas encore et qui commence à susciter le désir.

Johanna raconte par exemple ce sale jour de printemps où tout le collège se réunissait pendant des heures pour regarder chaque élève effectuer d’« horribles enchaînements de gym ».

« Je me demandais s’il ne valait pas mieux que je me casse une jambe sur la route.

Tout le collège était assis dans les gradins – parmi eux, il y avait forcément des mecs que je kiffais un peu – et là, je me tapais la grosse honte à enchaîner, pataude et ridicule, des figures nulles avec un jogging pourri. »

La question du poids revient aussi souvent. Dans un article publié en 2002, Pierre Merle rapportait le témoignage de l’une de ses élèves. La scène se passe pendant un cours de saut en hauteur :

« J’avais une amie dont l’embonpoint la gênait énormément dans sa vie quotidienne. […] La barre était à un mètre, ce qui évidemment est peu, mais pour elle, c’était difficile.

Le professeur l’a obligée à sauter. Elle a obéi, a sauté, puis est tombée. Tout le monde riait et surtout le prof. Il l’a obligée à recommencer plusieurs fois prétextant se servir d’elle comme exemple de tout ce qu’il ne fallait pas faire, et plus largement ne pas être. Il disait que le sport, c’est la santé et qu’il était urgent de s’y mettre. »

Face à des sujets délicats, certains profs se comportent parfois comme Les Robins des bois dans ce sketch.

Le regard de Pierre Merle

Le sociologue confirme que le sentiment d’humiliation est plus particulièrement ancré chez les ados.

« C’est la population qui se sent le plus humiliée par ce qu’elle est dans une période où les identités sont en construction.

Les filles se sentent particulièrement humiliées pour des questions qui concernent le poids parce que les normes de beauté sont très strictes pour les femmes. »

Pour le sociologue, il faudrait que la question des humiliations soit abordée pendant la formation des futurs enseignants :

« En commençant à travailler sur ce sujet, j’ai été très surpris de me rendre compte qu’aucune recherche n’avait été faite là-dessus. Aucun ouvrage n’avait été écrit. Il faudrait contextualiser ces pratiques. »

2

Toujours choisi en dernier

Un enseignement « à base de performance et de notes »

 

Amaëlle s’est mise au sport tard. De l’école, elle regrette un enseignement « à base de performance et de notes » et elle se souvient du moment (horrible) de la constitution des équipes. Quand le prof demande aux deux meilleurs de la classe de devenir capitaines.

« Ils appellent un à un, à tour de rôle, les gens de la classe. À la fin, il reste toujours deux ou trois personnes, dont toi. »

Pauline, elle, souligne avec humour l’injustice de cette situation.

« Bon, c’est vrai qu’au cours précédent, tu t’es décalé à chaque fois que le ballon t’arrivait dessus... Mais voilà, tu as participé, merde ! »

Le regard de Pierre Merle et Fabien Ollier

Pierre Merle :

« L’activité sportive n’a pas pour objet d’être performant par rapport aux autres, mais d’être performant par rapport à soi. »

Pour Fabien Ollier, ces classements sont inadmissibles.

« On met les forts d’un côté, les faibles de l’autre, les moyens au milieu, faire un niveau 1, faire un niveau 2, etc... Il y a toute une symbolique humiliante ou en tout cas très dépréciative.

C’est comme si dans une classe de mathématiques, on mettait les bons devant, les moyens au milieu, et tout au fond les nuls. Et que régulièrement, en fonction des notes des élèves, on les déplaçait, on les reclassait. Je crois, que tout le monde crierait au scandale.

En EPS, ça ne choque plus personne. »

Il s’interroge sur l’essence même de cet enseignement.

« L’éducation physique et sportive est essentiellement sportive, c’est-à-dire que le contenu principal de l’EPS, c’est le dogme du sport de compétition au sein duquel on trouve un éthos de l’humiliation. »

3

Ces mouvements absurdes que l’on n’arrive pas à faire

Le corps réduit à un mouvement

 

Anne-Gaëlle se souvient bien de cette impuissance de son corps.

« Je me suis retrouvée avec un corps qui ne pouvait faire ni la roue, ni l’appui tendu renversé – ATR : en bon français, le piquet – toute l’année, et ça, pour M. Le Louët, c’était vraiment une énigme. J’étais une sorte de débile, sa cancre. »

Souvent les premiers de la classe sont décontenancés en EPS. Amaëlle :

« Au collège, j’étais un peu l’intello “typique”. Première de ma classe avec des lunettes et un appareil dentaire. Et nulle, mais alors nulle en sport, toujours dans les derniers – voire la dernière. »

Très bons élèves, ils ont souffert d’un enseignement qu’ils jugeaient absurde. Pierre, meilleur partout, était aussi nul en sport. Il se souvient :

« Franchement, j’en avais rien à foutre du sport. Je trouvais ça bête. »

Il a eu l’impression que les autres trouvaient dans cette matière une occasion de se venger par la moquerie.

« Ça inversait le rapport de force scolaire. On me traitait comme si j’étais handicapé. »

Il conclut enfin en riant :

« Le sport, c’est un apprentissage du fascisme. »

Le regard de Fabien Ollier

En écho à cette absurdité ressentie par les élèves, Fabien Ollier parle de son quotidien de prof de sport. Des grilles à remplir, des fiches, des tableaux par les profs mais aussi par les élèves et il déplore :

« Vous ne pouvez pas imaginer le temps que passent les élèves à remplir des fiches, à observer (épier, dénoncer…) leurs copains, à compter le nombre de passes ou de coups de bras (en natation) qu’ils font. »

Il explique la logique de cet enseignement :

« Dans les instructions officielles, il est spécifié de manière très claire que l’éducation physique et sportive doit “permettre à chaque élève de développer et mobiliser ses ressources pour enrichir sa motricité, la rendre efficace et favoriser la réussite”. On oublie que le corps n’est pas que de la motricité.

Mais pour pouvoir rendre le corps évaluable, et passer son temps à donner des notes à des élèves, il faut le réduire à une machine, à un système, à du mouvement. »

Pour le professeur d’EPS, c’est une violence symbolique que de voir son corps réduit à un mouvement.

4

L’univers glauque des vestiaires à 8h du matin

Un environnement détestable

 

A tous ces éléments s’ajoute la question de l’environnement dans lequel les cours ont lieu. Chloé a 27 ans et elle ne comprend toujours pas ce qu’on a voulu lui transmettre.

« Coup de gueule contre les bahuts qui mettent des cours de sport de 8 h à 10 h. C’est vrai que pour bien commencer la journée, autant se crever et bien puer la sueur ! »

Le regard de Fabien Ollier

Pour Fabien Ollier, cet aspect n’est pas un caprice et fait partie de la crise de l’enseignement de l’EPS.

« Je le ressens aussi : cet univers glauque des vestiaires à 8 h du matin, des stades brumeux, des salles aux odeurs de sueur. Tout ça, ce sont autant de souvenirs corporels qui peuvent être en effet un peu traumatisants. »

5

Le rapport dégradant du prof à l’élève

« On m’a interdit de jouer au rugby parce que j’étais trop nulle »

 

Parfois les récits d’humiliations sont violents. Marie a 24 ans, elle n’a vraiment pas aimé le sport à l’école.

« Mes profs de sport me détestaient (tous). Et l’un d’entre eux m’a même interdit de jouer au rugby parce que j’étais trop nulle et que j’avais peur du ballon. »

Que ces rapports d’humiliation disent-il de la relation entre le prof et l’élève ?

Le regard de Pierre Merle et Fabien Ollier

Pour Pierre Merle, l’humiliation est en réalité une facilité pédagogique.

« La classe pose des problèmes de gestion de l’ordre et pour assurer cet ordre, l’humiliation est une pratique qui vient assez spontanément.

Mais le prof ne se rend pas compte qu’il est en train de casser sa relation pédagogique avec l’élève et qu’il va foutre le bordel. C’est un remède qui est pire que le mal. Si tout ceci n’est pas expliqué, les professeurs sont laissés à l’abandon. »

Fabien Ollier remarque aussi que les profs reproduisent tout simplement des schémas qu’ils ont vécus.

« Dans le sport, il y a un rapport entre entraîneur et entraîné qui est souvent de l’ordre de l’humiliation à l’égard des faibles et de ceux qui ne réussissent pas assez vite. [...] Or les professeurs d’éducation physique ont tous été à un moment ou un autre entraînés. »

6

Un traumatisme qui reste toute la vie ?

« C’était une vieille salope »

 

A entendre toutes ces histoires, il y a de quoi se demander à quel point elles sont néfastes. La réponse est mitigée. Si Emilie court aujourd’hui des marathons, Chloé ne veut toujours pas entendre parler du sport. Guillemette, elle, se rappelle encore :

« Un jour, dans une compétition de gymnastique, je suis restée bloquée dans une galipette arrière les fesses en l’air, la tête coincée. J’ai plus jamais osé faire de galipette arrière de ma vie. »

Et puis, il y a les profs qu’on hait à jamais. A l’époque, on aurait aimé leur jeter un sort comme dans cette vieille pub de Carambar.

A 35 ans, Simon se rappelle encore de sa prof en primaire, Mme S.

« C’était une vielle salope. Elle m’avait pris en grippe. Elle disait à tout le monde : “Si vous ne faites pas de sport, vous serez comme Simon”.

Ensuite, alors que tous les garçons faisaient des binômes avec les garçons, elle me mettait avec des filles parce que sinon “je n’allais pas y arriver.” Je m’étais promis que quand je serais grand, je retournerai la voir, pour lui casser la gueule. »

A 20 ans, Simon est retourné dans son école primaire. Il ne voulait plus casser la gueule de Mme S. mais il voulait lui parler, lui dire combien elle l’avait cassé. Il n’a pas pu. Elle était morte d’un cancer.

Le regard de Pierre Merle

Pierre Merle dit :

« Plus la personne est petite, plus les pratiques d’humiliations sont néfastes. C’est une rancœur qui reste toute la vie. »

Le sociologue ajoute :

« Ce sont des pratiques condamnables du point du point de vue des textes juridiques qui disent que “dans la communauté éducative, chacun se doit respect.”

Mais elles sont aussi condamnables du point de vue de la psychologie scolaire, de la sociologie des relations entre profs et élèves. Il n’y a rien qui puisse justifier ce type de pratiques.

Si ce n’est une société qui ne marche pas très bien. »

* Certains prénoms ont été changés

 

Vous avez remarqué qu'il y a de plus en plus d'articles cracraounets sur l'école ? Implicitement, elle sert pas à grand chose et on y est très malheureux !!! Ca sera mieux quand elle sera "refondée", et service payant ... aux mains des élus locaux et des parents d'élèves via le biais de "bassins d'éducations" avec des objectifs quantitatifs, et un chiffre d'affaires.

3 novembre 2012

Guerre à la fraude: la SNCF offre des cadeaux aux contrôleurs dans le Centre

Le lien ; http://fr.news.yahoo.com/guerre-%C3%A0-fraude-sncf-offre-r%C3%A9compenses-r%C3%A9gion-centre-112731033.html

 

Le contenu :

 

Guerre à la fraude: la SNCF offre des cadeaux aux contrôleurs dans le Centre

La CGT a vivement réagi vendredi au lancement d'un "challenge" pour sensibiliser les contrôleurs de la région Centre aux fraudes dans les TER, avec des récompenses à la clé comme des consoles de jeux ou des appareils photo, la direction régionale de la SNCF se défendant cependant de toute "prime au PV".

Une affiche apposée en début de semaine sur les tableaux de service a annoncé un challenge "lutte anti-fraude" dans les TER de la région, du 1er novembre au 31 décembre, avec pour récompense "10 cadeaux à choisir parmi un netbook, une console de jeux, un appareil photo numérique" et "40 chèques cadeaux d'une valeur de 30 euros".

Les gagnants szeont ceux qui auront notamment découvert "le plus grand nombre de cartes et abonnements falsifiés ou utilisés par un tiers".

"C'est la première fois que ça arrive", a réagi avec colère Didier Barra, délégué CGT des contrôleurs de la région Centre, commentant l'information révélée par le site Rue89 jeudi. "Ils ont déjà monté des challenges comme ça du côté du guichet, ça peut se comprendre, mais de là à organiser un challenge sur la fraude, on n'avait jamais vu ça, c'est n'importe quoi, on ne savait pas que la boîte pouvait aller jusque là", a-t-il déclaré à l'AFP.

La colère est d'autant plus grande, explique le syndicaliste, que les syndicats sortent d'un mouvement lié à des agressions de contrôleurs dans les TER. "Il y a un taux de fraude important, mais l'entreprise se l'est créé elle-même: avec moins de personnel, les trains sont moins contrôlés, et avec le nouveau cadencement, un agent seul ne peut pas contrôler tout le train tellement il est plein", assure M. Barra.

La CGT a appelé à "boycotter ce style de challenge". "Il est hors de question d'entrer dans ce jeu-là", a commenté M. Barra.

Pour l'Association des usagers des chemins de fer de la région Ouest (AVUC), il s'agit d'un "énième délire dans le management de la SNCF".

Cette mesure "pousse-au-zèle" risque "d'accroître les tensions entre les usagers et les personnels de contrôle" et de provoquer des incidents, a affirmé Willy Colin, porte-parole de l'AVUC. "Donner des récompenses futiles pour glaner quelques centaines d'euros, c'est stupide", a-t-il poursuivi. "On dit à la SNCF, soyez sérieux, revenez à l'essentiel, à votre mission d'information et de sécurité" des usagers, a-t-il ajouté.

La direction régionale de la SNCF affirme de son côté qu'il ne s'agit pas d'une "prime au PV" mais d'un "challenge d'équipe" pour "sensibiliser aux falsifications d'abonnements et de billets qui sont de plus en plus efficaces".

"On n'est pas sur une prime au PV ou au développement du chiffre d'affaires, on est sur une émulation d'équipe, l'objectif n'est pas autre chose que de faire bien son métier et le contrôle fait partie des gestes du métier", a affirmé la direction régionale.

2 novembre 2012

Suicide à la poste

Le lien ; http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE8A101920121102

 

l'article ;

 

Le malaise demeure à La Poste après un nouveau suicide

vendredi 2 novembre 2012 09h12
 
<p>Le malaise reste entier &agrave; La Poste en France apr&egrave;s un nouveau suicide, celui d'un guichetier sur son lieu de travail dans l'Aisne, souligne vendredi le syndicat SUD-PTT dans un communiqu&eacute;. /Photo d'archives/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p> 

PARIS (Reuters) - Le malaise reste entier à La Poste en France après un nouveau suicide, celui d'un guichetier sur son lieu de travail dans l'Aisne, souligne vendredi le syndicat SUD-PTT dans un communiqué.

Le guichetier s'est pendu mercredi dans son bureau à La Fère après avoir adressé à la direction un mail dans lequel il disait souffrir de mal-être et de manque de reconnaissance, dit le syndicat.

"Ce nouveau drame détruit la communication des dirigeants de l'entreprise qui affirment à qui veut l'entendre qu'ils auraient pris conscience du malaise des postiers et postières et que tout aurait changé à La Poste", écrit SUD-PTT.

Un postier avait été retrouvé pendu sur son lieu de travail à Tregunc, dans le Finistère, en mars dernier. Le mois précédent, un cadre de La Poste âgé de 28 ans s'était donné la mort en se jetant du dernier étage du bâtiment de la Poste centrale à Rennes.

Patrick Vignal

1 novembre 2012

Les dindons de la farce ... (on se fait toujours mieux fourrer en automne).

Le lien ; http://blogs.lexpress.fr/l-instit-humeurs/2012/10/20/peillon-les-instits-seront-les-dindons-de-la-farce/

 

le contenu ;

Peillon : les instits seront les dindons de la farce

Mine de rien, c’est une petite bombe qu’a lâché le Café Pédagogique en révélant le premier la teneur des propositions faites mardi 16 par le ministre Peillon lors de la concertation qui a débuté cette semaine. Une bombe, peu relayée dans les médias, dont la déflagration n’a pas fini de secouer les enseignants de primaire et qui dévalue nettement la réforme des rythmes scolaires, semant au passage le trouble quant à la méthode Peillon.

Abordant la question des rythmes scolaires, Peillon a confirmé que le mercredi matin serait travaillé, que la journée de classe serait bien ramenée à 5 heures de classe au lieu de 6, et a formulé la proposition suivante : l’heure restante (15 h 30 – 16 h 30) sera prise en charge moitié par les collectivités locales, moitié par les instits, qui feront l’aide aux devoirs à leurs élèves dans leur classe entre 15 h 30 et 16 h 00.

 

Dindons

On comprend que le ministre ait eu du mal à trouver qui allait prendre en charge la fameuse 6ème heure d’école. On comprend que le gouvernement ait voulu éviter que cette charge ne soit trop grande pour les collectivités locales, invitées à financer l’encadrement de cette 6ème heure. On comprend que l’état ne voulait pas verser un centime dans cette affaire. On comprend surtout que les enseignants étaient la solution idéale : déjà sur place, déjà payés. Les voici donc chargés d’éponger le manque de moyens d’une réforme qui ne se donne pas les moyens. Les instits vont prendre sur eux les contradictions de la réforme. Ils permettront, seuls, de colmater les brèches nées du décalage entre les intentions et la réalité. Ils paieront les impossibilités structurelles et les empêchements économiques. Les instits, « variables d’ajustement d’un jeu de dupe » (Christian Chevalier).

Voilà un coup qui risque de peser assez lourdement sur le moral des enseignants. On leur avait dit, pas d’augmentation, malgré la perte vertigineuse et constante du pouvoir d’achat depuis 10 ans (cette semaine encore un rapport d’Eurydice confirme l’énorme perte de pouvoir d’achat des enseignants français sur la dernière décennie). Ils ont accepté, la gorge nouée, les instits ne sont pas plus cons que d’autres, ils sont capables de comprendre que les caisses de l’état sont vides, pas d’augmentation.

On leur avait dit, venez une demi-journée de plus par semaine. Ils ont dit d’accord, ils étaient de toute façon les premiers à dire majoritairement que 4 jours d’école était la pire solution. On leur a donc dit, venez le mercredi à l’école. Ils ont dit d’accord, dans l’ensemble, même si certains auraient préféré le samedi. On leur a dit que le mercredi, c’est mieux pour les familles et le tourisme et ils ont dit c’est pas faux, ça s’entend.

Ils ont dit d’accord à tout ça, malgré tout, avalant leur chapeau à l’occasion, dans l’espoir que cela change les choses, pour les élèves, pour leur classe, pour eux.

Voilà qu’on leur demande de venir travailler plus pour gagner pareil. Eux qui travaillent en moyenne 40 heures par semaine, d’après l’Inspection Générale, eux qui sont parmi les enseignants qui travaillent le plus de tout l’OCDE, pour un salaire nettement inférieur à la moyenne.

Surtout, au-delà de leur propre sort, ce qui apparaît de plus en plus nettement aux instits, c’est que cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route.

 

Farce

Dès le départ, quand on a annoncé que les journées des élèves seraient moins denses, moins chargées, on était dans l’imposture. Plus courtes elles seront, les journées, certes, mais avouez que 5 h 30 au lieu de 6 heures, ça ne risque pas de changer grand-chose. Et puis, ces journées ne seront certainement pas moins chargées, car dans l’affaire on perd une heure de classe par semaine (23 h au lieu de 24), soit 36 heures sur l’année. Pour faire la même chose qu’avant. En plus vite, donc. En plus pressé, ou alors pas en entier. Dans tous les cas, les élèves en difficulté seront les premiers à trinquer.

Imposture 1 : les journées seront en fait plus denses.

Les devoirs faits à l’école, c’est dans l’air depuis un moment et pourquoi pas, après tout. Question d’égalité, certains n’ont pas la chance d’avoir des parents derrière eux. Mais ce que propose Peillon frise le ridicule : 30 minutes dans la classe, avec tous les élèves. Soit une minute par élève, en gros. Ah, ils vont être bien faits les devoirs ! Ah elles vont être bien sues les leçons !

Imposture 2 : faire croire que les devoirs peuvent être faits dans ces conditions relève de la supercherie.

Sans compter que, après les devoirs, les collectivités locales prendraient le relais pour… 30 minutes. Si on compte les déplacements, le passage aux toilettes, etc., il restera 20 minutes aux collectivités pour faire quoi ? Rien. On parle d’éveil artistique et sportif, on aura à peine de la garderie dans la cour de récré.

Imposture 3 : en 30 minutes, le périscolaire ne pourra rien mettre en place.

Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée.

 

La fin de l’aide personnalisée, mauvaise solution

A moins que tout ceci ne précède une autre annonce : la fin de l’aide personnalisée. Ce dispositif avait été mis en place par Darcos en 2008 suite au passage à la semaine de 4 jours. Parmi les 108 heures annuelles de travail des enseignants dégagées par la mesure, 60 avaient été affectées à ce qu’on appelle communément le « soutien ». Ce dispositif a toujours été décrié : d’abord parce qu’il a permis à Darcos puis Chatel de démanteler les RASED, les Réseaux d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté chargés d’une expertise que ne possède pas l’instit lambda ; mais aussi parce qu’il n’a pas montré, sur le long terme et à grande échelle, son efficacité, ajoutant de surcroit une heure de classe à la journée déjà chargée d’élèves facilement débordés.

Peillon s’est déjà prononcé en faveur de l’arrêt de l’aide personnalisée. Ira-t-il au bout de sa logique ? Dans ce cas, deux heures de travail devant élèves seraient libérées dans le planning des instits, ce qui correspond exactement aux 4 x 30 minutes d’aide aux devoirs à venir… Sauf que la fin du soutien ne serait de toute façon pas une réponse aux problèmes soulevés plus haut. A l’imposture de l’aide aux devoirs telle que proposée s’ajouterait la suppression de ce qui reste sur le papier une aide aux élèves en difficultés. Et comme Peillon n’a pas les moyens de relancer les RASED…

 

A quoi joue Peillon ?

Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles (« aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30 », et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant.

Reste que du côté des enseignants, c’est plutôt perdant perdant. Les syndicats sont interloqués. « Où est passé l’ambitieuse réforme des rythmes scolaires et ses objectifs de réussite pour tous ? » demande le SNUipp, principal syndicat du primaire, qui déplore « une journée pratiquement aussi longue, une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, un deuxième trimestre toujours aussi déséquilibré ». « Si on ne fait que réduire les journées des élèves d’une demi-heure, on sera loin de la grande réforme promise », déclare le SE-Unsa. Le SNES met en garde contre un « risque de désillusion ». « Si les enseignants ont l’impression qu’on les mène en bateau, cela peut déclencher une vague de colère ».

Une colère qu’on a pu vérifier cette semaine sur les réseaux sociaux, où les premiers intéressés se pincent pour y croire : hébétude, atterrement, frustration, incompréhension, déception. Rage. Sentiment, une fois de plus, que la réforme se fait en dépit du bon sens, dictée par tous les impératifs sauf ceux annoncés : le bien des élèves, de la classe.

Peillon pourrait bien sûr faire comme si de rien n’était : après tout il lui serait facile de retourner l’opinion contre ces instits corporatistes qui ne pensent qu’à leur bien-être et sont incapable d’accepter la première réforme venue, de venir travailler une heure de plus chaque semaine. Car les choses ne manqueront pas d’être résumées ainsi. Les enseignants connaissent la musique de la dévalorisation, de la stigmatisation, la Nation prise à témoin, ils l’ont entendue pendant des années.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’eux, ici, pas seulement. Que ce soit clair : ce sont les buts que s’est fixés Peillon lui-même qu’il est en passe de manquer. Les intentions de la réforme étaient louables, la tournure qu’elle prend la vide de tout son sang.

Après les espoirs suscités à son arrivée, réels, et la lune de miel qui a suivi, les rapports entre Peillon et les enseignants pourraient se dégrader sérieusement. Parce que le ministre n’hésite pas avec cette proposition à faire des instits les bous-émissaires de la réforme, mais surtout parce que la connaissance des dossiers, le volontarisme, la justesse des diagnostics et la vision pertinente dont avait fait preuve jusqu’ici Peillon ont commencé à se lézarder, et avec, les espoirs de changement.

On sait les sentiments qu’inspirent les plus grandes déceptions.

 

L’actualité de l’instit’humeurs est désormais visible ici.(souligné en gras par mobbingdock)

 

 

31 octobre 2012

Quand les enseignants ne bénéficient pas des mêmes droits que les autres travailleurs

Le lien ; http://leplus.nouvelobs.com/contribution/676526-quand-les-enseignants-ne-beneficient-pas-des-memes-droits-que-les-autres-travailleurs.html

 

le contenu :

Quand les enseignants ne bénéficient pas des mêmes droits que les autres travailleurs

Modifié le 31-10-2012 à 08h45

LE PLUS. Le weekend dernier, Lidia P. Blanc, professeur de lettres dans un lycée de l'académie Aix-Marseille, déplorait sur Le Plus une dégradation des conditions de travail des enseignants. Un constat que partage très largement notre contributeur Yves Delahaie, professeur dans un collège du Nord de la France.

Édité par Sébastien Billard   Auteur parrainé par Maxime Bellec

Une salle de classe du collège Georges Charpak de Goussainville (Val-d'Oise), le 25/06/2009 (CHAMUSSY/SIPA).

 Une salle de classe du collège Georges Charpak de Goussainville (Val-d'Oise), le 25/06/2009 (CHAMUSSY/SIPA).

 

Cette rentrée 2012 n’est décidément pas comme les autres. Et le rallongement des vacances de la Toussaint n’a rien à voir à l’affaire, si ce n’est qu’il soulagera sans doute les enseignants… avant de devoir récupérer ces deux journées qui ne leur seront pas données à titre gracieux comme la sagesse populaire semble l’avoir cru.

 

Les faits divers regorgent en effet depuis septembre du spectacle ordinaire de la violence faite aux enseignants, depuis l’affaire de Bordeaux, qui vit un élève frapper un enseignant, qui succéda à celle de Poitiers, dans laquelle c’est un des parents qui était passé à l’acte. La semaine dernière, c’est une collègue de Béthune qui a mis fin à ses jours.

 

Une médecine du travail inexistante

 

Souvent, l’on évoque une société de plus en plus violente, une éducation qui n’est plus assurée de mains de maître par les parents, et une autorité en berne dans les établissements scolaires. Il serait bien évidemment ridicule de nier ses facteurs incontestables.

 

Mais circonscrire le mal enseignant à ces paramètres, c’est omettre l’essentiel. C’est faire fi du statut du professeur qui est avant tout un travailleur, qui exerce une activité contre une rémunération. Et qui à ce titre a des droits.

 

Mais c’est là que le bât blesse. Car, au sein de l’Éducation nationale, comme nulle part ailleurs, les droits du travail, on ne connaît pas. Une contributrice du Plus, enseignante dans l'académie d'Aix-Marseille, expliquait le week-end dernier que les enseignants n’avaient aucun soutien ni suivi psychologique bien qu’étant en contact avec des adolescents tout au long de l’année.

 

En réalité, l’enseignant salarié de la fonction publique n’a tout simplement pas de médecine du travail. Dans toute sa carrière, il ne verra le médecin qu’une seule fois, dans les trois premiers mois de son activité. C’est en effet la condition sine qua non pour débloquer la procédure du paiement des indemnités auprès du Rectorat.

 

Un certificat d’aptitude du travail est alors délivré par un médecin de ville, agrée pour l’occasion pour faire une visite, sans que le patient n’ait à débourser le moindre centime. Une consultation qui dura pour ma part la bagatelle de 1 minute et 52 secondes, montre en main, le temps de me prendre la tension, de me demander si tout allait bien, et de signer son attestation.

 

Et n’allez pas vous mettre en tête de lui confier que vous souffrez d’un souffle au cœur, comme a pu le faire un des mes collègues ! Un air agacé accompagnera cette réponse aussi sèche que lapidaire, dans un souffle d’ennui : "Oui, mais ça ne vous empêchera pas de travailler". Et puis plus rien. Quatre décennies, sans rencontrer le moindre médecin, quand le code du travail impose une visite annuelle.

 

Des conditions de travail aléatoires

 

Au-delà du suivi médical, ce sont toutes les conditions de travail de l’enseignant qui ne sont souscrites à aucune réglementation.

 

Ainsi, il y a quinze jours, une première vague de froid s’est abattue dans le Nord de la France. Dans ma classe, durant 5 jours, il a fait entre 12 et 15 degrés dans la salle, de 8h à 17h. Les enseignants n’osaient même plus demander aux élèves d’enlever leurs manteaux et autres écharpes. Nous avons été plusieurs, au bout de quelques jours, à défiler dans le bureau du principal pour demander la raison pour laquelle il n’y avait pas de chauffage.

 

Un mauvais réglage ? Un défaut d’approvisionnement ? Une panne ? Rien de tout cela : "Les finances actuelles de l’établissement étant limitées, nous ne souhaitons pas mettre de chauffage pour économiser. Sans quoi, vous ne pourrez plus faire de photocopies. Et puis vous savez, le gaz a augmenté… ".

 

Spectacle inouï se déroulant en octobre 2012, dans un pays que l’on nomme la France ! Et entre les photocopies et le chauffage, la direction de l’établissement de choisir les photocopies !

 

Quand nous avons subtilement estimé "étrange" que les locaux de la direction soient surchauffés, même si nous reconnaissions, courtoisement, qu'ils sont plus petits, il nous a été répondu que le bâtiment devait être chauffé car au-dessus se situent des locaux privatifs… occupés par la direction elle-même ! Et notre interlocuteur de répondre : "Vous chauffez bien chez vous en ce moment, non ?"

 

Pas un salarié comme les autres

 

Inutile aussi de vous rendre auprès de votre collègue représentant syndical, qui a une décharge aux 2/3 de ses cours pour "défendre vos droits" : "On ne peut rien faire", risque t-il de répondre.

 

Il faudra un jour que les syndicats d’enseignants se posent de véritables questions sur leur rôle et leur utilité avant qu’il ne soit trop tard, mais sans doute est-ce là une tout autre question.

 

Toujours est-il qu’après avoir subrepticement fait comprendre que si on ne faisait rien, l’on serait contraint de passer "par l’extérieur", à savoir l’inspection du travail, la direction ne céda toujours pas. Ce ne fut que lorsque le mot "parents" fut prononcé dans un diatribe enflammée, que soudain, le "Sphinx" sembla perturbé de voir l’énigme résolue…

 

Trois heures plus tard, les chauffages tournaient à plein régime avec cette annonce : "Compte tenu des prévisions météorologiques pessimistes prévues demain, il a été décidé de mettre en marche le chauffage"…

 

Lecteurs, vous devez bien comprendre qu’un enseignant n’est pas un salarié comme les autres. Il n’a pas de droits : c’est un honneur pour lui que de servir la France. On le trimballe partout aux quatre coins de l’Académie quand il est en zone de remplacement, bien qu’il ait eu son concours comme les autres. Quinze jours par ci, trois semaines par là-bas.

 

Et pour peu que son affectation annuelle n’ait pas été transmise dans les temps par le Rectorat, les frais de déplacements, qui sont prévus uniquement dans ce cas, ne seront pas payés. En général, les missions sont donc transmises une ou deux journées après la date limite.

 

Des salaires inférieurs à ceux de nos voisins

 

Vous venez de perdre votre oncle cher, ou votre frère ? Vous ne pourrez alors peut-être pas assister à l’enterrement, car les textes ne prévoient que la perte du conjoint ou des parents. Et il ne faudrait pas que votre destin personnel vienne à interrompre le service public. Quand des employés du tertiaire pourront toujours demander cette grâce à son employeur, les enseignants devront au mieux demander un déplacement de leur cours, si le principal est décidé à vous faire ce présent.

 

Et il saura vous le rappeler suffisamment pour que vous ne lui refusiez plus rien, à l’avenir, de réunions non payées, en heures de remplacement pour un collègue en stage.

 

Ne vous attendez pas non plus à pouvoir, comme la loi vous y autorise, à demander une avance sur salaire : il vous faudrait pour cela passer par une demande du rectorat qui sera accordée au bout de quelques semaines, puisqu'il est convenu que l’avance sur salaire n’est pas urgente.

 

Quant à ceux qui débutent la profession, qu'ils ne comptent pas être payés dès le premier mois. Leur premier salaire leur sera versé au mieux en octobre sinon en novembre. Les heures supplémentaires ne sont elles jamais versées en fin d’année en cours, mais au début de l’année suivante, alourdissant votre revenu fiscal pour des heures effectuées l’année précédente. Et parfois elles ne sont versées qu’avec six mois de retard avec la mention "rappel année courante" sur votre fiche de paye de mars... que vous recevez en juin. 

 

La fiche de paye du professeur qui faisait tant rêver il y a trois décennies, et qui aujourd'hui révèle que les enseignants ont été augmentés de 0,6% entre 2007 et 2012, soit une perte de salaire à euros constants de 6% par rapport à l’inflation constatée en France. Des salaires qui classent la France parmi les pays les plus radins de l’OCDE, et qui explique qu’un enseignant gagne 80% de ce qu’un salarié du tertiaire gagne à niveau de diplôme équivalent.

 

Un milieu où l'omerta est de mise

 

Alors pourquoi tout ceci n’est jamais évoqué ou si peu ? Pourquoi l’on ne parle que de la vocation des enseignants, de leur amour pour leur métier, et qu’eux-mêmes sont si peu loquaces pour évoquer des conditions de travail inacceptables et un droit du travail bafoué ?

 

Tout simplement parce qu’en le révélant ils prennent un risque. Et en le faisant aujourd’hui, JE prends un risque.

 

D’après vous, est-ce un hasard si untel témoigne sans montrer son visage, untel sous couvert d’anonymat ? La réalité est que les enseignants sont soumis à un droit de réserve, une muselière qui se métamorphose en épée de Damoclès : nul n’a le droit de parler. L’omerta est de mise. Il faut se taire et ne jamais témoigner de ce qui se passe dans les établissements scolaires.

 

Une obligation qui sonne comme un harcèlement continuel et qui aliène tant et encore ces enseignants qui continuent de faire comme si de rien n’était. Et pour cause : combien d’entre eux n’ont qu'un CAPES, obtenu dans la continuité de leurs études ? Combien d’entre eux ne savent pas ce qu'ils pourraient faire d’autre, quand la légende leur dit que c’est tout simplement la vocation qui a choisi pour eux ? Combien d’entre eux ne peuvent pas se permettre de démissionner car quitter la fonction publique ne vous offre aucun accès au chômage ?

 

Il est toujours émouvant de dire que les problèmes des enseignants seront résolus quand on aura réglé le problème des performances. Mais c’est angélique aussi. Car nul ne peut s’épanouir dans un enfer où les droits du travail sont bafoués. Et ce n’est certainement en se taisant que les choses iront mieux.

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